Au Bénin, les populations vouent un culte privilégié à la religion traditionnelle. Le Bénin est considéré en effet comme étant le berceau du vodou et plus de 80% de la population pratiquent cette religion traditionnelle. L’animisme est donc fortement ancré dans la coutume des Béninois et pour les profanes, il s’agit là d’un pan de richesse culturelle du Bénin à feuilleter à tout prix.
La croyance aux divinités traditionnelles repose au Bénin sur une conception polythéiste de l’univers. Dieu ou le créateur est partout et dans tout ; il est la somme des différentes et nombreuses divinités qui, mises ensembles, constituent le vodou.
Profondément enraciné dans les traditions culturelles africaines, le Vodou a des origines qui remontent à plusieurs milliers d’années. Sans autre précision, des découvertes archéologiques sur le littoral ouest africain laissent penser que les cultes Vodou y étaient pratiqués depuis plus de 4000 ans. Déjà vers la fin du 15ème siècle, des voyageurs et des commerçants européens décrivaient dans leurs récits des cérémonies et des temples Vodou. Ceux-ci, à l’image du temple Dangbé (python), au Bénin, n’ont pas connu de transformations majeures au cours des siècles.
Le Vodou, qui n’est pas fondé sur une conception dualiste du monde (la vie et la mort ; le ciel et la terre), signifie en langue Fon : "Ce qu’on ne peut élucider, la puissance efficace".
Il peut également se traduire par Dieu ou Esprit. Cette religion lie la nature et ses phénomènes à des divinités ou des esprits avec lesquels, il est possible de communiquer, grâce au phénomène de la transe. Les adeptes du Vodou admettent que ce dernier est l’émanation un créateur unique qui s’est manifesté dans les entités Mawu et Lissa, incarnations des principes masculin et féminin. D’après la légende, Mawu et Lissa ont engendrés quatorze enfants dotés de pouvoirs surnaturels qui à leur tour, ont eu des descendants : Shango ou Hêviosso, dieu du tonnerre et de la foudre, Gou, dieu du fer et des forgerons, Nana Bouloukou, déesse de la terre, de la nuit et des mystères, Sakpata, dieu de la justice et de la variole et Dan, dieu de la prospérité, etc. A ces Dieux qui incarnent la base du Vaudou, s’ajoutent d’autres, subalternes. Des chercheurs béninois ont pu en identifier plus de 260. Notons à titre illustratif, Dogua en région septentrionale, considéré chez les Shanga comme le dieu tutélaire par excellence qui protège contre les calamités naturelles, combat les épidémies et les anomalies climatiques. Dans le domaine militaire, il défend la cité contre les invasions ennemies et assure la victoire à ses protégés (Jérôme C. ALLADAYE dans son livre, Le Catholicisme au Pays du Vodun).
Aux yeux des profanes, les rites et cérémonies vaudou peuvent passer pour de la pure superstition, de la magie noire, voire de la sorcellerie. Mais pour le vaudoussi (adepte du Vaudou), ces rituels constituent un moment important de la vie où les dieux et les esprits des ancêtres exercent une influence positive directe sur la vie des êtres humains. Si pour le chrétien, il y a une espérance après la mort, selon qu’on ait été bon ou mauvais serviteur de Dieu, chez les adeptes du Vaudou, c’est le contraire. La relation s’établit au cours des rituels et des cérémonies qui constituent le coeur spirituel de la religion Vaudou.
Elle permet d’instaurer la synergie entre les dieux et les défunts. Le sacrifice en est un élément essentiel ; il exprime la relation entre l’homme et la divinité. En échange de la vénération et des offrandes, les dieux et les esprits invoqués assurent protection et assistance. Les fétiches, à qui vont directement les offrandes, sont définis par le prêtre Vaudou pendant la transe. Ils symbolisent les résidences terrestres des dieux et focalisent leur puissance. Avant chaque cérémonie ou manifestation, il est impératif de consulter le Fa (oracle).
Le culte vodou a pris une nouvelle dimension au Bénin dans les années 1990 à l’occasion de l’officialisation de la fête du vodou le 10janvier de chaque année. Le vodou n’est donc plus perçu comme une source maléfique, mais plutôt comme « la mère des religions… » (Dixit Dah Gundehou Agbégbé Gbesso Balley, dignitaire du Thron Kpedeca Alafia, une divinité originaire du Ghana et implantée au Bénin depuis des décennies et qui est sensée octroyer des faveurs aux adeptes en difficulté qui l’invoquent.
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