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Chronique de l’évangélisation d’un peuple ancré dans la tradition

L’implantation du christianisme au Bénin ne fut pas chose aisée. Les premiers missionnaires qui y sont venus pour évangéliser des populations fortement ancrées dans les croyances  religieuses n’ont pas eu la tâche facile. Ils ont été confrontés à de nombreux blocages du fait de la farouche détermination de ces populations à tout mettre en œuvre pour pérenniser les pratiques traditionnelles que leur ont léguées leurs ancêtres. Mais avec la rage au cœur d’évangéliser des êtres qu’ils considèrent comme des « sauvages », les sociétés missionnaires vont se multiplier.

Ainsi il y eut la Baptiste Missionary Society en 1792,  puis la London Missionary Society en 1795, la Société des Missions de Bâle en 1815, la Société des Missions Evangéliques de Paris en 1854. Il faut dire que l’un des facteurs ayant fait découvrir les côtes dahoméennes aux Européens fut la traite négrière.

Le professeur Jérôme Alladayè écrit dans son ouvrage : Le catholicisme au pays du Vodoun  que : « dès qu’ils mettaient le pied sur une nouvelle plage, les Portugais commençaient par y dresser  une croix de pierre  venant de leur pays ou une croix de bois fabriquée sur place. Ainsi, on pense que la Côte du Bénin et peut être le Dahomey reçurent pour la première fois le signe du salut aux environs de 1490».

De manière plus spécifique, il faut faire remarquer que les premières tentatives d’évangélisation de notre pays remontent au 17ème siècle. Et c’est la Mission de la « vieille Guinée » qui a conduit les premières opérations vers le Dahomey. Ainsi dès 1960, des moines capucins espagnols et bretons (missionnaires catholiques) firent leur entrée dans le pays Djêkin. Leur installation a été favorisée par le roi Agonglo  qui le premier, a autorisé l’implantation du culte catholique à Ouidah. En 1843, arrive sur nos côtes le métis Thomas Birch Freeman à Ouidah qui fut le principal artisan  de l’expansion de l’Eglise au Bénin.

L’action missionnaire était essentiellement financée par les fonds issus des organismes spécialisés, les dons individuels ou collectifs accordés à telle ou telle mission dans le besoin, les dons directement recueillis sur place par les missionnaires eux-mêmes. Elle va se trouver confrontée à des difficultés majeures liées d’une part, aux obstacles naturels comme la rigueur du climat et d’autre part, à la faiblesse des effectifs. Il y a aussi les freins psychologiques qui sont en rapport aux attitudes entachées par les préjugés raciaux de l’époque.

Le catholicisme au Bénin va s’affirmer  définitivement dans la période 1920-1990, où l’ensemble du territoire national fut couvert par l’évangélisation. Entre 1920 et 1940 par exemple,  la population catholique à presque quadruplé passant de 18.125 à 71.544 soit une augmentation moyenne annuelle de 2.670. En 1945, cette communauté atteignit le record de 83.065 personnes pour gravir en 1990 la barre des 985.922.
L’image de l’Eglise catholique au Bénin va davantage se renforcer grâce à l’œuvre de certaines de ces figures emblématiques que sont par exemple, le Cardinal Bernardin Gantin nommé à l’épiscopat le 22 décembre 1956  puis archevêque de Cotonou le 5 janvier 1960. Après lui, il faut faire remarquer la forte personnalité de Mgr Lucien Agboka qui fut nommé évêque de la cité royale d’Abomey et celle de Christophe Adimou. Mgr Isidore de Souza aura quant à lui, marqué positivement l’histoire politique de notre pays en imprimant un bon rythme pour la réussite de la conférence des forces vives de la Nation de février 1990. Aujourd’hui l’Eglise catholique est confrontée  au syncrétisme religieux qui voit les chrétiens se livrer aux pratiques religieuses traditionnelles.


A l’image de la percée de l’Eglise catholique au Bénin,  l’histoire des Eglises et missions protestantes et évangéliques au Bénin à subit presque à la lettre, la même évolution et les mêmes vicissitudes.
S’agissant par exemple de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin,  c’est en 1943 que le métis Thomas Freeman a obtenu du roi Ghézo l’autorisation de commencer ses activités à Ouidah où il installa Joseph Dawson, un catéchiste africain dès 1854. Grâce à la vie et aux méthodes  de travail des pasteurs missionnaires comme Marshall Thomas Joseph, Okou Henry G., Loko D.H., Dovoédo Philipe, Gbégnongbé Georges W. l’Eglise protestante a connu une véritable expansion dont le principal facteur fut une série de guérison miraculeuses.

A côté de l’Eglise méthodiste, on note également la présence d’autres congrégations religieuses telles que l’Eglise Evangélique des Assemblées de Dieu dont l’œuvre a démarré en 1960 pour connaître une explosion sans pareil en 1985 grâce au travail du missionnaire français Jacques Halepian.
Pêle-mêle, on peut également citer la Société internationale  missionnaire, l’Eglise pentecôte, l’Eglise à Jéhovah par Jésus-Christ, l’Eglise évangélique baptiste, l’Eglise Evangélique universelle, l’Eglise du plein évangile Foursquare, l’Eglise d’évangélisation de la parole du Christ au monde, l’Union des Eglises protestantes Baptistes et Mission baptiste au Bénin, la Mission évangélique des gagneurs d’âmes.

Au cours de la période révolutionnaire, sur la base des idées socialistes, la religion a été décriée, les couvents fermés et la chasse aux sorcières est devenue pratiques courantes. Malgré cela, des Eglises ont vu le jour durant cette période. Il s’agit entre autres de l’Union des Eglises évangéliques du Bénin, l’Association évangélique des derniers temps, la Mission évangélique de la Foi etc..

Aujourd’hui, notre pays jouit d’un climat politique favorable à une société démocratique. Cela traduit la grande éclosion des Eglises baptisées par certains d’Eglises de rue ou petites sectes. Pour mieux s’organiser sur le terrain, les Eglises évangéliques et protestantes se sont regroupées en fédérations. Ainsi on dénombre la Fédération des Eglises et Missions évangéliques au Bénin, l’Association des Eglises évangéliques du Bénin, la Fédération et des Eglises et Missions Evangélique du Bénin.

 

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