L’économie béninoise
Le Bénin possède peu de ressources naturelles et vit principalement de l’agriculture (36,9% du PIB et 53% de la population) et du commerce avec les pays voisins. Le secteur secondaire ne représente que 14,9% du PIB et le secteur tertiaire 48,2%. Avec un PIB par habitant de 400 dollars par an, le Bénin est un pays pauvre classé dans la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA). Son indice de développement humain est de 0,42, ce qui le classe au 162ème rang sur 177 pays classés par le PNUD. Enfin, 2,6 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (défini comme 50% du revenu moyen) sur une population totale de 7,5 millions, ce qui représente un Béninois sur trois.
La croissance économique située entre 5 et 6%, de 1995 à 2002 a chuté à 2,8% en 2004, à la suite de plusieurs éléments défavorables. Elle est estimée à 3,4% pour 2005. Le taux d’accroissement naturel de la population étant de 3,5%, cela ne permet pas d’assurer une croissance positive du PIB par habitant. Le taux d’inflation est de 5,1% en 2005. Ce taux est supérieur au critère de convergence de 3% fixé par UEMOA. Il s’explique par la montée des prix du pétrole et des produits vivriers.
L’agriculture
L’agriculture constitue le socle de l’économie béninoise. Du coup, près de 85% de la population tirent directement ou indirectement leurs revenus de ce secteur d’activité. Outre le coton, les principaux produits agricoles du Bénin sont entre autres le maïs, le sorgho, le manioc, l’arachide, l’huile de palme, l’igname, le karité et l’ananas. A côté, la pêche et l’élevage occupent une frange importante de la population.

L’industrie et les services
Encore à l’étape embryonnaire jusqu’à une date récente, l’industrie béninoise s’emploie depuis quelques années à agrandir et à diversifier ses unités. Quant aux services, ils contribuent pour une bonne partie au PIB du Bénin. Mieux, on note une amélioration significative dans les secteurs des télécommunications, du tourisme et de l’hôtellerie.
Une économie de transit
Le Bénin est en position idéale pour assurer le transit vers les pays de l’hinterland mais aussi vers le Togo, et surtout vers le Nigeria. Ceci représente traditionnellement une source importante de revenus pour le pays, les importations étant immédiatement réexportées vers les pays voisins, même si cela se fait souvent de manière illégale. Ainsi, les importations et exportations représentent-elles 37,5% du PIB. En effet, le port de Cotonou est préféré par les exportateurs à celui de Lagos car les droits de douane y sont moins élevés et il ne souffre pas d’engorgement.
Un secteur informel important
Le secteur informel représente au Bénin une part importante du PIB. On estime qu’il représente 37% du PIB et 41% de l’emploi total. Cette activité est liée aux nombreuses et lucratives opportunités générées par la Nigeria (productions locales, produits pétroliers, taux de change favorable...). Ce secteur joue un rôle de soupape de sécurité pour de nombreux ménages mais représente une perte fiscale importante pour le pays et est un frein au développement des activités modernes.

La filière coton
Le Bénin peut s’enorgueillir d’avoir un coton d’une très bonne qualité, qui de plus, est l’un des plus compétitifs au monde. Plus de 95% de la production nationale de coton sont exportés. La menace de la disparition de la filière qui se profile à cause des phénomènes structurels aggravants, tels que : la baisse des coûts et la sous rémunération des cotonculteurs nationaux et sous-régionaux requiert des initiatives hardies pour sauver la première filière agricole nationale. Cependant la filière coton (production record de 420.000 tonnes en 2004, soit 18% du PIB et 80% des exportations du Bénin), premier moteur de l’économie formelle, s’est effondrée. Les dysfonctionnements de la filière, dus à la mauvaise gestion et aux mauvaises conditions climatiques ont fait chuter la production à 200.000 tonnes en 2005. De plus, la faiblesse et l’instabilité des coûts internationaux du coton, conséquence partielle des subventions des pays du Nord pour leurs productions ainsi que la dépréciation du dollar entraînent un très bas prix versé au producteur. Enfin, la surcapacité industrielle installée constitue un facteur limitant la rentabilité de l’exploitation.
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