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Histoire Politique du Bénin

Indépendant le 1er août 1960, la République du Dahomey, proclamée le 4 décembre 1958, a connu, les premières années de son accession à la souveraineté internationale, une série de coups d’Etat militaire.
De 1963 à 1972, le pays a enregistré une demi-douzaine de coups d’Etat perpétrés par des militaires, parfois sous la pression d’intellectuels civils.
C’est le colonel Christophe SOGLO qui a inauguré l’ère des coups de force, en 1963, en contraignant à la démission le Président le premier président du Dahomey Hubert MAGA.

En raison des clivages nord- sud  souvent instrumentalisé par la classe politique et l’instabilité qu’il entraîne au sommet de l’Etat, un Conseil présidentiel a été crée en 1970. Ce système de gestion du pouvoir instaure une présidence tournante entre trois principaux leaders politiques, Hubert Koutoucou MAGA originaire du nord, Justin Tomètin  AHOMADEGBE du  centre et Sourou MIGAN APITHY, natif du sud. Seul le leader du nord, M. MAGA a pu effectuer régulièrement  son mandat de deux ans.
En effet, le 26 octobre 1972, un groupe de jeunes officiers, ayant à leur tête, le chef de bataillon Mathieu KEREKOU a renversé AHOMADEGBE en cours de mandat.

Mathieu KEREKO a dirigé un gouvernement militaire révolutionnaire (GMR) dont certains membres étaient fortement sous l’influence d’intellectuels séduits par les idées de Karl Max et de Lénine .

Ils sont parvenus à convaincre Mathieu KEREKOU et ses proches à engager el pays dans la voie du socialisme et du marxisme léninisme le 30 novembre 1974. Un an plus tard, le 30 novembre 1975, Mathieu KEREKOU a changé l’appellation Dahomey et l’a remplacé par  République populaire du Bénin. Le Bénin est le nom d’un ancien royaume du Nigeria, voisin de l’Est du pays. En effet, le nom Dahomey était emprunté au célèbre royaume de Danxomè, dont l’un des derniers souverains fut BEHANZIN. Le nom  évoquait  pour certains natifs de la région septentrionale du pays  les  visées expansionnistes des souverains de  Danxomè  qu’ils  ont combattus.

La nouvelle orientation marxiste Léniniste proclamée par les révolutionnaires a créé de profondes dissensions au sein des jeunes officiers au point où certains ont tenté de remettre en cause le processus. Mais Mathieu KEREKOU a déjoué toutes les tentatives de remise en cause du système.
Le 26 août 1977, une nouvelle Constitution a été promulguée. Elle a instauré le parti unique, parti-Etat, le Parti de la Révolution populaire du Bénin.

Cependant, la corruption généralisée, les détournements de deniers publics, les difficultés chroniques de trésorerie et les violations des droits humains ont conduit le «caméléon », sous la pression de la rue, de la diaspora béninoise et de la communauté internationale, à convoquer une conférence nationale des forces vives qui s’est tenue à Cotonou du 19 au 28 février 1990. Mathieu KEREKOU a accepté les résolutions de cette rencontre  historique qui a permis au Bénin de renouer avec la communauté financière internationale, notamment, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Elu premier ministre à la Conférence nationale, Nicéphore SOGLO a  accédé la  magistrature suprême à l’issue de l’élection présidentielle de mars 1991 en battant Mathieu KEREKOU au second tour. Ce dernier est revenu à la tête du pays, cinq plus tard, en mars 1996, battant son ancien tombeur. Après deux mandats successifs, l’entourage du Chef de l’Etat a œuvré pour la révision des dispositions de la Constitution relatives à  la limitation du nombre de mandat présidentiel et de l’âge des candidats pour lui permettre de se représenter une troisième fois.
Mais, la grande mobilisation de la société civile et d’une partie de la classe politique a contraint le Chef de l’Etat à rassurer son peuple et à organiser des élections qui ont porté au pouvoir, en mars 2006, l’ancien directeur de la Banque ouest africaine de développement, l’économiste et gestionnaire Boni YAYI, plébiscité au second tour avec plus de 75 % des suffrages exprimés.

Lors de son investiture, le 6 avril 2006, le nouveau président démocratiquement élu  a annoncé certains grands axes de sa gouvernance, notamment la transparence, l’obligation de compte rendu dans la gestion des affaires publiques. Quelques plus tard, il a créé un comité d’experts indépendants chargé de la relecture de la Constitution. Dirigé par le  Professeur agrége de Droit public et de sciences politiques Maurice AHANAHANZO GLELE, le comité  a déposé son rapport le 6 juin 2008. Suivant les promesses du Chef de l’Etat , les propositions des experts devront faire de larges concertations au sein des institutions et des populations avant la mise du processus d’adoption.

 

 

 

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